Une approche géospatiale pour renforcer la résilience urbaine
Amman, confrontée à une croissance démographique rapide et à une urbanisation fragmentée, a vu émerger des quartiers orientés voitures, peu cohésifs socialement et vulnérables aux impacts du changement climatique. Une étude publiée dans *Sustainability* propose une alternative : repenser la marchabilité comme stratégie d’adaptation climatique. En combinant des indicateurs objectifs de marchabilité (connectivité routière, densité résidentielle et commerciale) avec une analyse de régression spatiale basée sur le SIG, les chercheurs examinent les liens entre ces paramètres et le sentiment de communauté des résidents.
Le cas de Deir Ghbar, un quartier péri-urbain en pleine expansion sur la frontière ouest d’Amman, illustre cette approche. Les résultats montrent que les zones à forte densité résidentielle et améliorée connectivité routière renforcent significativement la cohésion sociale, tandis que les zones à faible densité exacerbent les inégalités spatiales et socio-économiques. Par ailleurs, des interventions ciblées en matière d’infrastructures vertes, comme des canopées d’arbres continus et des pavements perméables, améliorent le confort piéton et renforcent les fonctions écologiques urbaines.
L’étude met en lumière le potentiel des outils géospatiaux pour visualiser les dynamiques urbaines et corréler les caractéristiques du bâti avec les résultats communautaires. Ces stratégies s’inscrivent directement dans les Objectifs de Développement Durable (ODD) 11 et 13, en favorisant des quartiers plus inclusifs, connectés et résilients face aux défis climatiques. Deir Ghbar devient ainsi un modèle pour des zones péri-urbaines similaires en Jordanie et dans d’autres régions en transition urbaine rapide.
Une méthode reproductible pour des zones arides
En combinant des données de terrain et des analyses géospatiales, cette recherche offre un cadre opérationnel pour la planification urbaine résiliente. Les indicateurs de marchabilité, calculés à partir de la mixité foncière, de la densité résidentielle et commerciale, permettent d’évaluer de manière quantitative l’impact des politiques urbaines sur la cohésion sociale. Cette approche est transposable à d’autres contextes, notamment dans les zones arides ou en transition rapide, où la gestion des ressources et la résilience climatique sont cruciales.
L’étude souligne également l’importance de l’intégration des services écosystémiques dans la planification urbaine. Des infrastructures vertes bien conçues ne sont pas seulement des éléments décoratifs, mais des outils de gestion des risques climatiques et de renforcement des liens sociaux. En combinant données spatiales et analyse quantitative, cette recherche fournit un outil concret pour les décideurs et les urbanistes souhaitant transformer les zones péri-urbaines en espaces plus durables et inclusifs.
Pourquoi c’est important
- Fournit un cadre opérationnel pour évaluer l’impact des politiques urbaines sur la cohésion sociale et la résilience climatique.
- Permet de repenser la marchabilité comme stratégie d’adaptation climatique dans les zones péri-urbaines.
- Propose une méthode reproductible pour des zones arides en transition urbaine rapide.
Source : Al-Zghoul, S. & Al-Homoud, M. GIS-Driven Spatial Planning for Resilient Communities: Walkability, Social Cohesion, and Green Infrastructure in Peri-Urban Jordan. Sustainability 17, 6637 (2025). https://doi.org/10.3390/su17146637