Les solutions basées sur la nature dans les villes du Sud Global
L’urbanisation accélérée dans les pays du Sud Global met en péril la biodiversité urbaine, exigeant des approches intégrées pour la protéger. Les solutions basées sur la nature sont devenues un pilier des stratégies de gestion urbaine, mais leur impact sur la biodiversité reste mal mesuré. Une revue systématique de 67 études publiées entre 2013 et 2023, menée selon les directives PRISMA, a analysé les résultats en matière de biodiversité de 83 villes uniques dans la région. Seulement 55 de ces études ont évalué des impacts sur la biodiversité, avec 43 % précisant des espèces végétales ou animales spécifiques.
Les types de NbS étudiés incluent les infrastructures bleues-vertes (22 %), les espaces verts urbains (22 %), les forêts urbaines (22 %) et les toits végétalisés (18 %). Cependant, la plupart des projets n’ont pas inclus de mesures pré- et post-implémentation pour évaluer les bénéfices écologiques. Aucun étude n’a présenté un bilan de base pour mesurer les gains en biodiversité. De plus, la description des espèces natives, souvent mentionnées comme bénéfices secondaires, reste insuffisante.
Parmi les 55 études, 27 ont mentionné la présence ou l’utilisation d’espèces natives, contre 16 pour les espèces exotiques. L’implication d’un écologue dans l’équipe d’auteurs a eu un impact statistiquement significatif sur la précision de la description des espèces (p < 0,05). Ces résultats soulignent un manque de rigueur méthodologique dans l’évaluation des bénéfices écologiques des NbS.
Les lacunes et les recommandations
La synthèse des études révèle des lacunes importantes : l’absence de données fiables limite l’intégration des NbS dans les objectifs de conservation globaux. Les auteurs recommandent une meilleure intégration des experts en écologie, une standardisation des méthodes d’évaluation et une attention accrue aux espèces locales pour renforcer l’efficacité des projets de biodiversité urbaine.
Pourquoi c’est important
- Améliorer la méthodologie d’évaluation des NbS pour garantir des résultats mesurables en biodiversité.
- Promouvoir l’implication d’écologues dans les projets urbains pour une meilleure description des espèces.
- Renforcer les politiques locales pour valoriser les espèces natives et limiter les exotiques invasives.
Source : Jambhekar, R. et al. Nature-based solutions and urban biodiversity conservation in the Global South. Ecological Indicators 183, 114627 (2026). https://doi.org/10.1016/j.ecolind.2026.114627